Avocat, médecin, architecte, consultant, kinésithérapeute… Si vous exercez une profession libérale, votre comptabilité ne fonctionne pas comme celle d’une entreprise commerciale classique. Régime fiscal spécifique, déclaration particulière, règles de TVA propres à chaque métier : autant de spécificités que seul un expert rompu à ces dossiers maîtrise vraiment.
Voici ce que vous devez savoir sur la comptabilité des professions libérales en 2026.

Le régime BNC : la base de tout
La première spécificité des professions libérales, c’est leur catégorie fiscale : les Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Contrairement aux commerçants ou artisans qui relèvent des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), les professionnels libéraux sont imposés sur leurs honoraires nets de charges dans la catégorie BNC.
Concrètement, cela change beaucoup de choses : la façon de comptabiliser les recettes, les charges déductibles, et les déclarations à produire.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quel régime pour vous ?
En fonction de votre niveau de recettes, vous relevez de l’un ou l’autre de ces deux régimes.
Le micro-BNC
Il s’applique si vos recettes annuelles ne dépassent pas 83 600 € HT en 2026. C’est un régime très simplifié :
- Pas de comptabilité complète obligatoire
- Un simple livre de recettes à tenir
- Un abattement forfaitaire de 34 % appliqué automatiquement sur vos recettes pour calculer votre bénéfice imposable
- Pas de déduction des charges réelles
Ce régime est pratique pour démarrer ou pour une activité à faibles charges. Mais attention : si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, vous avez tout intérêt à opter pour le régime réel.
La déclaration contrôlée (régime réel)
Obligatoire au-delà de 83 600 € de recettes, ou sur option en dessous. C’est le régime de droit commun des professions libérales qui veulent déduire leurs charges réelles.
Vous devez alors :
- Tenir une comptabilité de trésorerie (recettes et dépenses effectivement encaissées/payées)
- Produire un livre-journal des recettes et dépenses
- Tenir un registre des immobilisations
- Remplir la déclaration 2035 chaque année
C’est plus contraignant, mais bien plus optimisant dès que vos charges sont significatives : loyer, honoraires, cotisations, formation, matériel, déplacements…
Les spécificités selon votre profession
Médecins et professions de santé
La grande particularité des médecins : la plupart de leurs actes sont exonérés de TVA (soins médicaux, actes remboursés). Cela simplifie la gestion de la TVA, mais impose de bien distinguer les activités exonérées des activités taxables (expertises judiciaires, formations, etc.).
En 2026, les médecins experts judiciaires ou ayant une activité B2B assujettie à la TVA sont également concernés par la réforme de la facturation électronique.
Avocats
Les avocats sont soumis à la TVA sur leurs honoraires, mais bénéficient d’un seuil de franchise TVA spécifique : 50 000 € (contre 36 800 € pour les autres professions libérales). Au-delà, la TVA est obligatoire.
Autre particularité : les débours (sommes avancées pour le compte du client) doivent être traités séparément des honoraires. Et côté facturation électronique, seules les données fiscales sont transmises — le secret professionnel est préservé.
Architectes et consultants
Ces professions exercent essentiellement en B2B, souvent avec des honoraires importants et des frais de sous-traitance significatifs. Elles relèvent quasi systématiquement de la déclaration contrôlée, et sont pleinement concernées par l’obligation de facturation électronique dès 2026 (réception) et 2027 (émission).
Les leviers d’optimisation spécifiques aux professions libérales
La comptabilité des professions libérales offre plusieurs leviers d’optimisation que beaucoup de professionnels n’exploitent pas suffisamment :
Les cotisations Madelin En régime réel, les cotisations versées à des contrats Madelin (retraite, prévoyance, mutuelle) sont déductibles du bénéfice imposable dans des limites généreuses. En 2026, le plafond de déduction retraite Madelin peut atteindre jusqu’à 88 911 € selon votre bénéfice. C’est un levier puissant souvent sous-utilisé.
Le choix du régime Basculer de micro-BNC à déclaration contrôlée — ou l’inverse — peut générer des économies significatives selon l’évolution de vos charges. Ce choix mérite une simulation chiffrée chaque année.
La structure juridique Au-delà d’un certain niveau de bénéfice, passer en société (SELAS, SELARL) peut devenir plus avantageux fiscalement. Un seuil souvent cité se situe autour de 120 000 à 150 000 € de bénéfice annuel, mais cela dépend de votre situation personnelle.
L’AGA : ce qui a changé
Pendant longtemps, l’adhésion à une Association de Gestion Agréée (AGA) permettait d’éviter une majoration de 25 % sur le bénéfice imposable. Cette majoration a été supprimée depuis 2023. En 2026, l’AGA n’apporte donc plus d’avantage fiscal direct — mais peut rester utile pour l’accompagnement et certains services associés.
Notre conseil
La comptabilité des professions libérales est un domaine à part, avec ses propres règles, ses propres déclarations et ses propres leviers d’optimisation. Un suivi généraliste ne suffit pas : il faut un expert qui connaît votre profession, vos obligations ordinales et vos spécificités fiscales.
Chez GACC, nous accompagnons régulièrement des avocats, médecins, architectes et autres professionnels libéraux du Pays Basque. Contactez-nous pour faire le point sur votre situation.
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Article rédigé par le cabinet GACC – Expert-comptable à Anglet (Pays Basque).
plus d’informations sur : Service Public

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